GLP-1 : au-delà de la perte de poids

Vers de nouvelles indications en santé globale

Depuis l’engouement suscité par les analogues du GLP-1 comme Ozempic®, Wegovy®, Mounjaro® et Zepbound®, la recherche scientifique a progressé rapidement. Cette évolution s’inscrit dans un changement plus large de paradigme, récemment renforcé par l’Organisation mondiale de la santé, qui reconnaît désormais l’obésité comme une maladie chronique nécessitant une prise en charge médicale à long terme, dans laquelle les traitements de type GLP-1 occupent une place croissante. Si l’efficacité de ces médicaments pour la perte de poids et la gestion du diabète de type 2 a été largement documentée, des bénéfices potentiels dans d’autres domaines de la santé émergent aujourd’hui du paysage scientifique.

1. Effets cardiovasculaires au-delà du contrôle métabolique

Les agonistes des récepteurs du GLP-1 démontrent désormais une réduction du risque cardiovasculaire majeur (infarctus, AVC, mortalité cardiovasculaire) dans plusieurs études cliniques, indépendamment de la perte de poids ou du contrôle glycémique. Certains de ces médicaments sont même reconnus pour réduire ces événements chez des patients à risque élevé.

2. Protection rénale significative

Au-delà du cœur, les données cliniques indiquent que les médicaments GLP-1 exercent un effet protecteur sur les reins, en ralentissant la progression de la maladie rénale chronique chez des patients diabétiques ou à risque. Dans l’essai FLOW par exemple, l’utilisation de sémaglutide a significativement réduit les événements rénaux composites, ce qui a conduit à de nouvelles approbations dans certaines indications.

3. Implications oncologiques : réduction des risques de certains cancers liés à l’obésité

Dans des études observationnelles portant sur de larges cohortes de patients, l’utilisation d’agonistes du GLP-1 a été associée à une réduction du risque de plusieurs cancers associés à l’obésité (côlon, endomètre, œsophage, etc.). Ces résultats ne confirment pas un effet anticancéreux direct, mais ils suggèrent que la modulation métabolique pourrait jouer un rôle dans la prévention des tumeurs liées aux désordres métaboliques.

4. Neuroprotection : un sujet encore exploratoire

Certains travaux précliniques et cliniques suggèrent que les agonistes du GLP-1 pourraient avoir des effets neuroprotecteurs. Par exemple, des données récentes démontrent que le liraglutide pourrait ralentir certains processus liés à la maladie d’Alzheimer, notamment chez des personnes avec un déclin cognitif léger, en modifiant certains marqueurs biologiques et en ralentissant l’atrophie de zones cérébrales clés.

5. Avancées pharmacologiques : vers des agents plus puissants

Une nouvelle génération de médicaments est en cours de développement, incluant :

  • Retatrutide : un tri-agoniste ciblant simultanément les récepteurs GLP-1, GIP et glucagon. Les données de phase III suggèrent des effets métaboliques plus prononcés, avec des réductions de poids plus importantes que les médicaments actuels, et l’étude TRIUMPH-OUTCOMES évalue aussi son impact sur la santé cardiovasculaire et rénale. Ce médicament, qui est encore en cours de développement, devrait être approuvé par Santé Canada et la FDA vers 2027.

Les médicaments de type GLP-1 ont franchi un cap important. Du semaglutide au tirzepatide, et bientôt au retatrutide, nous assistons à une évolution vers des thérapies métaboliques plus globales, qui pourraient transformer la prise en charge des maladies métaboliques complexes dans les années à venir.

Comme toujours, ces traitements ne conviennent à tous, et doivent être prescrits dans un cadre médical rigoureux, avec une évaluation personnalisée. Mais les perspectives qu’ils ouvrent sont majeures, tant pour la santé globale que pour l’avenir de la médecine préventive.

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