Ressembler à son selfie : une tendance observée

Il n’y a pas si longtemps de cela, les gens se présentaient dans le cabinet du chirurgien esthétique avec une intention bien précise : ressembler à leur célébrité favorite découpée soigneusement dans une revue pour l’occasion. Aujourd’hui, avec l’avènement des médias sociaux et des nombreuses applications à la disposition des usagers, une nouvelle tendance est observée par les chirurgiens esthétiques : désirer ressembler à son propre selfie qui frôle la perfection.

Le filtre de la perfection


Je ne vous apprendrai rien : en deux temps trois mouvements, il est désormais possible d’avoir à la fois des lèvres parfaites, des dents plus blanches, une peau scintillante, des plus grands yeux, un visage symétrique, etc. Ainsi, les filtres en réalité augmentée accessibles via plusieurs plateformes et applications vendent du rêve aux usagers. Cette tendance inquiète plusieurs professionnels qui ont voulu faire part de cette réalité observée. Récemment, des chirurgiens esthétiques américains ont donc signé un papier dans la prestigieuse revue spécialisée Journal of the American Medical Association. Ces derniers disent recevoir de nombreux patients en clinique désirant à tout prix ressembler à leurs selfies filtrées sur les médias sociaux, spécifiquement chez les adolescents. Pourtant, si la chirurgie esthétique répond tous les jours à de nombreux besoins nécessaires pour le bien-être physique et psychologique des individus, vouloir ressembler à son selfie retouché et amélioré de A à Z frôle l’impossible et frise la fantaisie.

Le trouble dysmorphique du corps


Chez certaines personnes, le fait d’être confrontées continuellement à ces standards de beauté inatteignables et surréels peut miner la confiance en soi et affecter l’estime personnelle. À plus long terme, il arrive même qu’un trouble dysmorphique du corps (dysmorphophobie) se manifeste. Classé parmi les troubles obsessionnels-compulsifs, ce trouble se traduit par une préoccupation constante de son apparence physique, et plus spécifiquement de certains défauts observés. Évidemment, cela peut mener à une grande souffrance psychologique. Dans ce cas précis, il est clair que la chirurgie esthétique n’est pas la solution pour ces personnes qui resteront insatisfaites de leur apparence malgré les diverses interventions. D’autres traitements pourraient être conseillés et convenir davantage à ces patients, d’où l’importance d’en discuter ouvertement.

Ouvrir la discussion


Malheureusement, cette réalité observée par les chirurgiens esthétiques ne risque pas de s’améliorer avec le perfectionnement et l’innovation constante des nouvelles technologies. Cependant, il est important d’ouvrir la discussion en société, mais également auprès des plus jeunes afin de les sensibiliser à ce phénomène et de les aider à démystifier le réel du surréel, afin de prévenir les impacts psychologiques.

 

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