La chirurgie esthétique, est-ce toujours tabou ?

Il y a de cela quelques années seulement, la chirurgie esthétique constituait encore un tabou pour une grande partie de ceux et celles qui y avaient recours. Certains n’en parlaient qu’à leur cercle rapproché, tandis que d’autres préféraient n’en glisser mot à personne. Alors que la pratique se démocratise de plus en plus, sommes-nous aussi plus ouverts à en parler ? Portrait d’une situation en plein changement.

Un intérêt plus marqué


La modernisation des procédés, la diversification des interventions offertes et une meilleure accessibilité aux services continuent d’attirer davantage de patients dans les cliniques de chirurgie esthétique chaque année. Si le nombre d’interventions pratiquées grimpe lentement mais sûrement, la proportion de la population qui affirme être ouverte à l’idée a explosé en moins de 20 ans. En effet, un sondage effectué auprès des lectrices de ELLE France rapporte que ce nombre est passé de 14 % en 2002 à 71 % en 2016. Le bond n’est peut-être pas aussi marqué dans l’ensemble de la population, mais on observe tout de même un changement de perception généralisé vis-à-vis la pratique.

Une nouvelle ouverture


Changement de perception, d’accord… Mais lorsqu’on passe sous le bistouri, est-ce qu’on en parle ? De plus en plus de patients le font, rapportent différents sondages. La stigmatisation autrefois associée à la chirurgie esthétique tend à s’effacer de plus en plus, permettant à celles qui y ont recours de discuter de leur choix ouvertement. De ce fait, le même sondage ELLE rapporte que seulement 9 % des répondantes n’avaient parlé de leur intervention à personne. Alors que la majorité en parlent à leur conjoint(e), leur famille ou leur meilleur(e) ami(e), ce sont tout de même 19 % d’entre elles qui affirment en parler à tout le monde. D’ailleurs, si on se fie aux réseaux sociaux, cette tendance devrait continuer de prendre de l’ampleur dans les prochaines années. Effectivement, un mouvement d’acceptation gagne en popularité chez certaines internautes, qui se tournent vers un esprit de « laisser-vivre » et d’entraide entre femmes plutôt que de tomber dans la compétition et le jugement malsains.

Encore du chemin à faire


Toutefois, il serait faux d’avancer que le tabou associé aux interventions esthétiques est complètement disparu. Encore aujourd’hui, on tend davantage à avouer une injection qu’une chirurgie. Les quinquagénaires, quant à eux, seraient moins à l’aise d’en discuter que les plus jeunes générations, pour qui la pratique est plus courante. Il reste alors un travail à faire afin de sensibiliser la population à la réalité qui entoure la chirurgie esthétique et aux raisons qui poussent les gens à s’y fier. Parce que finalement, personne ne devrait avoir à dissimuler les choix qu’il fait par rapport à son propre corps.

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